Numérique : La visibilité du Printemps de Bourges inspire son Office de tourisme

La page d’accueil du site de l’Office de tourisme montre la complémentarité numérique du Printemps de Bourges et de l’organisme de promotion touristique de la ville.

L’office de tourisme de Bourges est un pionnier en matière d’accueil numérique. Son directeur veut lier la visibilité de la destination avec celle du festival musical qui fait la célébrité de la ville. Pas si simple.

La 37e édition du Printemps de Bourges fait désormais autant le buzz sur scène qu’en ligne. Le célèbre évènement musical qui couvre jusqu’à dimanche la capitale du Berry de sons, rock, électro, pop ou rap, résonne aussi sur les réseaux sociaux : « M, c’est le plus beau concert de toute ma viiiie », s’écrie ainsi  Chloé Perrot, alias @Pigoums, sur son compte Twitter à propos du concert d’ouverture de Matthieu Chedid du 23 avril.

Video la Nouvelle République

En intégrant le hashtag pdb créé par les organisateurs du festival dans son tweet, elle affiche son commentaire à tous les amateurs du Printemps qui se rend lui-même visible à toute la communauté de la jeune fille.

1 – Célébrité virale

Alain Ferrandon, directeur de l'Office de tourisme de Bourges

Alain Ferrandon, directeur de l’Office de tourisme de Bourges

Cette célébrité virale du Printemps de Bourges (PdB) fait rêver l’office de tourisme (OT) de la ville, déjà très en pointe en matière d’accueil numérique. En effet, l’organisme touristique voudrait bien profiter de la mise en avant sur le net de Bourges durant cette période pour promouvoir la destination, en évitant les pièges des synergies trop évidentes. « Nous avions déjà lancé des produits touristiques à l’occasion du PdB, mais c’était une fausse route », se rappelle le directeur de l’office de tourisme Alain Ferrandon. « Les clientèles ne sont pas les mêmes. On ne fait pas forcément un touriste d’un festivalier ».

2 – Stratégie numérique

Là où le marketing touristique classique a échoué, une stratégie numérique bien pensée est en passe de réussir. Depuis l’an dernier déjà, tous les programmes et documents du festival comportent un QR code, « qu’il suffit de scanner avec son portable pour charger l’application d’informations touristiques Bourges’n Berry lancée il y a deux ans », explique le directeur de l’OT.

L'application propose des visites thématiques, une carte interactive, des bons plans, des informations pratiques, des idées de sorties, de restaurants, les disponibilités des hôtels, etc.

L’application propose des visites thématiques, une carte interactive, des bons plans, des informations pratiques, des idées de sorties, de restaurants, les disponibilités des hôtels, etc.

Les spectateurs ont ainsi accès à toute la programmation du festival « off », baptisé le Printemps dans la ville, regroupant 104 événements ou concerts donnés dans les bars, les rues, les lieux publics. « Deux personnes du service de communication de l’office ont passé une semaine à saisir ces informations », glisse le directeur pour bien montrer qu’il ne suffit pas d’appuyer sur des boutons pour proposer un contenu pertinent. Les amateurs de musiques peuvent aussi choisir un restaurant, examiner la carte de la ville, mais également voir les disponibilités des hôtels en temps réel. « Bourges à 1400 chambres pour 100 000 festivaliers environ, la demande dépasse donc largement l’offre, mais souvent, suite à des désistements, un hôtelier se retrouve avec quelques chambres libres qu’il met en vente via notre application », explique Alain Ferrandon.

3 – Un nouveau compte Twitter

Côté réseau sociaux, si l’OT se contente aujourd’hui d’envoyer aux 6000 fans de sa page facebook des posts « très commentés », il veut créer son propre compte l’an prochain pour rebondir sur la visibilité numérique acquise du festival. Mais pas seulement durant cette période.

Alain Ferrandon, auteur d’articles remarqués sur l’organisation et la formation du personnel dans le guide d’Atout France sur l’accueil numérique dans les offices de tourisme, veut aller plus loin.

Alain Ferrandon a participé à l'élaboration du guide de l'accueil numérique dans les offices de tourisme, publié par Atout France

Alain Ferrandon a participé à l’élaboration du guide de l’accueil numérique dans les offices de tourisme, publié par Atout France

4 – Des iPad pour Noël

Pour Noël, il a offert à chacun des douze salariés de l’organisme un iPad. Un cadeau pas vraiment innocent : « C’est un objet privé à usage professionnel », admet-il. Avec cet outil, il espère convaincre ses salariés d’augmenter la présence de l’office sur la toile et les réseaux sociaux, quitte à envoyer messages, tweets et infos en dehors des heures d’ouverture de l’agence : « C’est une évolution souhaitable de notre métier, mais il faut encore apporter des éléments pour convaincre de la nécessité d’enrichir l’offre et d’accroître sa visibilité », souligne le directeur.

5 – la fréquentation à l’office de tourisme s’érode

Ces troupes ont déjà fait de gros efforts d’adaptation. Selon la méthode préconisée par son directeur (cf le guide d’Atout France), le personnel est passé d’un statut de distributeur de prospectus à celui de médiateur touristique : « La fréquentation physique s’érode chaque année », constate Alain Ferrandon. « L’an dernier, elle a encore reculé de 5 %, mais parallèlement, les visites sur notre site ont progressé de 18 %. De même, nous sommes passés de 18 000 appels en 2000 à 6500 l’an dernier. Les faux touristes, les VRP, ceux qui demandent les horaires des trains, le prix du timbre-poste, etc. ne s’adressent plus à nous directement et vont trouver les informations basiques sur notre site. Dans l’office, les arracheurs de prospectus ont laissé la place à des vrais touristes excursionnistes, consommateurs de terroir et de patrimoine qui nécessitent un vrai travail de conseil », analyse le directeur. « L’évolution du numérique rend notre travail plus intéressant ».

6 – « Le tourisme, ça ne fonctionne pas tout seul »

L’office de Bourges montre ainsi que le développement du numérique ne va pas de pair avec la perte d’emploi. « Tout dépend de la place de l’humain qu’on veut accorder à sa stratégie », remarque Alain Ferrandon. A effectif constant, le travail de saisie a été renforcé et un poste d’animateur numérique de territoire (community manager) destiné à renforcer l’e-reputation et la visibilité en ligne de Bourges vient d’être créé. En même temps, l’Office cherche à s’associer à tous les acteurs locaux cherchant eux aussi à développer leur stratégie numérique, sans forcément tenir compte des frontières administratives de compétences. En décembre dernier, la Maison de la culture a ainsi reçu les codes d’accès pour renseigner elle-même sa propre rubrique dans l’application et le site de l’Office de tourisme avec son programme et la présentation de ses événements. L’office espère faire de même avec les Bains Douches de Lignières ou le Mac Nab de Vierzon. Pour faire exister la destination, l’OT de Bourges montre ainsi qu’il se bouge : « Le tourisme, ça ne fonctionne pas tout seul », résume Alain Ferrandon.

Cédric Néau

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